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ELECTION DU NOUVEAU PRESIDENT DU PDCI-RDA : CHÉRIF HAMED HAÏDARA AUX PRO- ET ANTI THIAM : NE NOUS TROMPONS PAS D’ADVERSAIRES

L’élection du successeur de feu le président Henri Konan Bedié était prévue pour le 16 décembre prochain. Alors que l’ancien ministre Tidjane THIAM est pressenti pour présider son parti, il subit depuis ces derniers jours des attaques de toutes parts; après qu'il ait lui-même enclenché les hostilités, par des déclarations jugées provocatrices à l’endroit du président Alassane Ouattara. Une situation qui ne laisse pas non plus indifférent Chérif Hamed Haïdara, le président du Rdi indifférent. (interview)

 

- Chérif Haïdara, comment se porte votre parti, le Rassemblement Démocratique Ivoirien ? 

 

- Le Rdi se porte très bien. Nous sommes à la phase d’implantation et notre travail de prospection se poursuit sur le terrain. Au contact des populations, pour apprécier leurs réalités, afin d’actualiser nos données et adapter nos propositions aux besoins. Nous avançons sur le chemin avec les populations. Dans plusieurs départements nous sommes en train de concrétiser notre implantation. 

 

- Le débat politique national se focalise aujourd'hui sur le congrès du Pdci-Rda et l'élection de Tidjane Thiam comme successeur de feu Henri Konan Bedié.  Que vous inspire cet évènement. 

 

- Le Pdci-Rda est un grand parti politique qui a accouché des autres, notamment le Rdr qui a par la suite engendré le Rhdp en rassemblant les autres partis aussi sortis du Pdci-Rda. Ce parti a fait preuve d’une résilience en revenant au devant de la scène malgré les vicissitudes. Nous pensons que la situation actuelle s’inscrit dans cette même logique. Et c'est impressionnant de voir qu'il peut ployer sans jamais rompre. Pour les militants de ce parti frère c'est une très bonne chose. N’importe quel homme politique voudrait pouvoir compter sur des compagnons avec qui on peut avoir des points de vue différents sur certaines questions mais qui demeurent fidèles et loyaux au parti jusqu'au bout.

 

- Et quant à l'élection de Tidjane THIAM comme nouveau président du Pdci-Rda ? 

 

- Que voulez- vous que nous en disions ? Le Pdci-Rda est une formation politique riche en ressources humaines. Selon ses textes et ses ambitions il peut choisir n’importe lequel de ses militants pour le diriger. S’il s’est choisi Tidjane THIAM ou une autre personne,  nous en prendrons simplement acte. Notre souhait en revanche, pour ce qui est de la vie socio-politique de la Côte d’Ivoire, c’est que tous contribuent à améliorer les conditions de vie des ivoiriens et des habitants de ce pays. Que notre pensée commune soit orientée à préserver un climat de paix sine qua non au développement de notre pays. Monsieur Tidjane THIAM est un technocrate qui a déjà fait ses preuves dans l’administration ivoirienne et même dans l’institution exécutive en tant que ministre. Je pense personnellement qu'il peut beaucoup apporter à son parti et même à la côte d'ivoire. Au Rdi nous nous réjouissons de l’engagement de chacun à travailler pour le développement de la Côte d’Ivoire. 

 

- Il n’empêche qu'il y a eu ces derniers jours, par journaux interposés, beaucoup de propos incendiaires relativement à la première sortie de Monsieur THIAM. Votre commentaire à ce propos. 

 

- C’est déplorable que nous, les acteurs politiques,  fassions preuve de tant de frilosité. Nous sommes prompts à allumer le feu et à plier bagages pour fuir le grabuge quand tout se gâte.  C'est davantage dommage que la presse accompagne les hommes politiques dans cette entreprise périlleuse pour la côte d’ivoire. Nos divergences ont causé officiellement trois mille morts entre 2011 que nous n’avons pas fini de pleurer. Les ivoiriens sont-ils aujourd'hui vraiment réconciliés pour qu'on ne redoute pas de rouvrir les plaies en jouant sur les cicatrices ? Il faut qu'on fasse attention à ce que nous disons et à ce que nous faisons. Nul n’est besoin de provoquer ou d’agresser qui que ce soit,  pour faire adhérer le peuple à sa cause. Au Rdi,  nous avons opté pour faire des propositions et joindre l’acte à la parole. Le peuple qui est suffisamment mâture saura apprécier pour choisir ce qui est mieux pour lui et même le défendre. Nous disons alors qu'il faut sortir de ce postulat belliqueux et des antagonismes mortels. Nous sommes des adversaires et non des ennemis. On peut être adversaires politiques et se respecter réciproquement. Cela nous rendra plus élégants et decrispera l’atmosphère. La Côte d'Ivoire a besoin de tous ses fils pour la bâtir.  Nous ne cessons donc d’appeler à l'unité et à l'humilité. C'est le gage de notre force. Nous n’avons pas la prétention de donner des leçons à qui que ce soit. Mais nous invitons les politiques à éviter tout ce qui peut mettre le feu au pays. Celui qui a des oreilles pour entendre saisira ce que je dis.

 

-  Comment selon vous, cette unité peut-elle se faire, quand on sait que les principaux partis se préparent dans la perspective d’un match retour en 2025; probablement  le Rhdp avec Alassane Ouattara, contre le Ppa-ci avec Laurent Gbagbo et le Pdci-Rda avec Probablement THIAM ? 

 

- Il faut sortir de cette logique de match retour. Nous vous avons déjà fait connaître notre position d’ailleurs sur la question. Notre classe politique dispose d’un capital humain de qualité qui pourrait vraiment permettre de réaliser de grandes choses pour notre pays. Pour cela il faut s’asseoir et discuter, afin de  mettre nos moyens ensemble, au service de la Côted’Ivoire.  C'est cela être pros - Côted’Ivoire. Taisons nos querelles d’ego et pensons à l'intérêt national. Les ivoiriens ont besoin de paix et de travail. Aujourd'hui que nous connaissons enfin la stabilité, nous pouvons réfléchir à créer les conditions de la sécurité du travail, par exemple. Le souci du pain quotidien est une préoccupation majeure pour le citoyen lambda.  Si nous parvenons à lui  garantir  cela ,  le plus longtemps possible, alors nous aurons fait un grand pas vers le vrai bonheur de notre peuple. Et si les partis politiques font de ce souci une priorité,  alors nous aurions gagné l'essentiel. Le reste viendra après. Nous disons donc que s’attaquer à Pierre ou Paul parce qu'il a des ambitions n’est pas sage. De même nuire aux gens pour faire prévaloir ses intérêts égoïstes. Ce comportement conduit à se tromper de cible. Notre adversaire commun à tous doit être bien identifié en termes d’obstacles au développement de notre pays. Soyons donc lucides pour faire la part des choses.  Ne nous trompons pas d’adversaires. 

 

 

Propos recueillis par Fabrice Dossougnon

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