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CAN 2023/ RISQUE D'ÉLIMINATION PRÉCOCE DES ÉLÉPHANTS, MÉCONTENTEMENT ET ACTES DE VANDALISME: CHÉRIF HAMED HAÏDARA APPELLE LES IVOIRIENS A LA PRISE DE CONSCIENCE

_Le risque d'élimination précoce des éléphants de côte d'Ivoire, en phase de poule, à la Can 2023 a donné lieu à des actes de vandalisme dans plusieurs villes de la cote d'Ivoire. Devant ces faits et actes qui déshonorent la Côte d'Ivoire, et la qualification des pachydermes Chérif Hamed Haïdara, le président du rassemblement démocratique ivoirien se prononce.

 

- *L'équipe nationale de cote d'Ivoire a risqué d'être  éliminée en phase  de poule. Que vous inspire ce fait?* 

 

- J'ai été très  abattu. Ça aurait été  une très grande honte pour notre pays. A côte d'Ivoire 1984, nous avions connu pareille situation et le président Houphouët-Boigny avait dit que notre équipe était encore très jeune. c'était encore des éléphanteaux. Quarante ans plus tard,  cela ne peut pas se répéter. Tous nos joueurs évoluent aujourd'hui dans les meilleurs clubs et championnats   de football européens . Nous avons un entraîneur payé très cher. Et le président de la république son excellence monsieur Alassane Ouattara a mis tous les moyens à leur disposition pour organiser la meilleure des éditions de la coupe d'Afrique des nations. En retour, est-ce ainsi que le peuple devrait être remercié? Je dis non!  Ça aurait ete une grande humiliation pour le peuple de cote d'Ivoire et son président. Et je pense que la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés nous interpelle. Il faut l'analyser objectivement et en tirer les leçons pour éviter pareille désastre. Il faut situer les responsabilités et y remédier avant que ça nous retombe dessus. 

 

 

- **Pensez-vous qu'il faut envisager des sanctions comme le séjour des joueurs au camp militaire avec le général Robert Guei?** 

 

- Nous avons vu et entendu beaucoup de choses. Nous sommes en matière sportive. Déjà que nos pachydermes n'ont pas joué avec le coeur. Ils n'ont pas démontré cette hargne de vaincre. Ils n'ont pas posé le pieds. Et pour cela il faut que quelqu'un s' explique. Des joueurs blessés ont été appelés en sélection et on ne les a pas vu jouer. Sur l'aire de jeu, l'entraineur a aligné d'autres joueurs qui faisaient pratiquement les mêmes choses. Plusieurs voix se sont élevées pour l'interpeller, sans suite. Sa prestation a été largement en dessous des attentes du peuple. En cela , monsieur Gasset donne raison à ses détracteurs qui estimaient depuis le départ qu'il n'a pas d'expérience. Et si tel est le cas, pourquoi est-ce avec notre équipe nationale que l'on voudrait que les entraineurs viennent chercher l'expérience? La conséquence c'est non seulement une seule victoire en trois matchs et à la clé deux défaites avec 4 buts à 0 pour le dernier match.  Cela ressemble bien à une insulte au peuple. C'est inadmissible ! Et voir tous ces hommes, ces femmes et même ces enfants en pleurs, c'est déplorable. Souhaitons ne plus jamais avoir à revivre ça.

 

- **Des actes de vandalisme ont aussitôt éclaté, et des bus et d'autres bien matériels ont été détruits. Jugez-vous cela légitime ?**

 

- Évidemment nous  condamnons ces actes. On peut comprendre que la douleur de cette grande frustration anime les gens de toutes sortes de sentiments. Mais il faut savoir raison garder.  Ces bus sont les biens du contribuable. En les détruisant, à qui fait-on du mal? Nous nous mettons, nous-mêmes, en retard en les cassant. Parce qu'on a toujours demandé le renforcement du parc auto de la société de transport Abidjanais pour la rendre plus opérationnelle.  Ce n'est donc pas un acte de civisme, tout comme ces joueurs qui portent la honte à leur peuple.  Cet échec devrait au contraire nous appeler à la réflexion, à une introspection. C'est un adage bien connu de chez nous qui  dit que découragement n'est pas ivoirien! Nous sommes peut-être tombé ou plutôt nous étions à genoux. Cependant, nous devons garder à l'esprit de pouvoir se relever. Et c'est pour cela que j'ai dit tantôt qu'il faut situer les responsabilités, en toute sérénité, et les faire assumer. Notre patriotisme doit nous faire considérer comme sacré  le bien public. Et en même temps, quand on est appelé à travailler pour la communauté nationale comme athlète, animateur, entraineur, responsable d'une structure ou d'une institution, on doit y mettre du coeur. C'est visiblement ce qui  manque aux joueurs. Nous appelons donc tout le monde à une prise de conscience. Les hommes les plus forts sont ceux qui parviennent à se relever quand ils tombent. La course se poursuit après notre qualification in extremis. Il faudra redoubler d'efforts et rester concentré. 

 

- **Au plan politique comment percevez -vous l'impact de cette Can ?**

 

- Au Rdi, nous pensons que cette Can de l'hospitalité est très bénéfique pour notre pays au plan politique. Vous savez que les acteurs politiques n'ont pas toujours parlé le même langage ici! Mais pour une fois nous nous sommes retrouvés unis autour de notre équipe nationale pour la porter, comme un seul homme. Nous partageons les mêmes frayeurs, les mêmes joies et le même rêve. C'est formidable !  Même dans les alliances à plaisanterie avec les supporters camerounais on a vu les gens de tous les bords politiques brandir les infrastructures nationales avec fierté. C'est une image d'unité qui nous conforte de ce que le football a dépassé les limites du simple sport. C'est un facteur efficace de rapprochement des peuples. Même avec nos frères venus d'ailleurs je pense que le séjour sur notre sol aura contribué à changer les mentalités. La Côte d'Ivoire est un grand pays et cela est indiscutable. Sa fête du sport aussi, assurément. Et notre prière est que la fête se poursuive belle, quelque soit notre sort, même si en réalité nous souhaitons remporter cette coupe d'Afrique des nations. 

 

- *La qualification de l'équipe ivoirienne en 8eme de finale, dans les conditions de repêchage vous réjouit- elle?* 

 

- Nous sommes qualifiés ! C'est d'abord cela l'essentiel. Hier nuit il fallait voir tout ce beau monde devant chez moi. C'est une grande joie qui m'anime à l'image de tous les ivoiriens. Toutefois il faut dire qu'on l'a échappé belle. La compétition n'est pas achevée. Pour les matchs à venir, il faut que le nouvel entraineur par intérim Emerse Fae fasse preuve de créativité et d'adaptation. S'il est suffisamment lucide dans sa lecture du jeu pour prendre des décisions courageuses, les choses peuvent bien se passer. Il a notre soutien. Qu'il ne soit nullement complexé. Dieu permet souvent des situations pareilles pour se glorifier. Qu'il prenne cette charge avec beaucoup de responsabilité. C'est lui que les ivoiriens regardent à présent.

 

**A la fin de notre entretien voudriez-vous lancer un appel ?* 

 

- Oui, nous invitons tout le monde à l'apaisement. Ce débat du sport roi est très passionné. Mais allons-y doucement. Seules la capacité, la concentration et la persévérance à l'effort feront la différence entre les athlètes. Nous souhaitons de tous  nos cœurs que les choses se passent bien pour notre pays. Mais si elles se passaient autrement, que les ivoiriens ne cèdent ni à la colère encore moins au découragement. Il est parfois mieux indiqué de reculer pour sauter. Ça ne doit pas être l'Apocalypse pour la Côte d'Ivoire. Continuons de maintenir l'Union autours de la fête et prenons toujours part aux matchs de la compétition en nous rendant massivement dans les stades pour soutenir nos éléphants. Et s'ils venaient à tomber, ce que je ne souhaite pas, il faudra continuer à soutenir nos frères venus d'ailleurs. Encore merci à son excellence Alassane Ouattara qui a consenti tous les efforts pour faire de cette fête une réussite.

 

Propos recueillis par Léa -Danielle Atikpadan

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